Quand la data prend soin de nous

Le 20/05/2020

Alors que nous vivons une crise sanitaire sans précédent, que l’analyse des données est au cœur du suivi des malades dans toute la France et qu’un rendez-vous quotidien pour suivre des chiffres et des données est instauré avec la population, une question fondamentale ressurgit : faut-il avoir peur du Big Data, de la Data Science ?  Il semblerait que le débat ne soit pas clos…

 

L’annonce du projet de l’application « Stop Covid » a fait (re)naître certaines craintes. Le projet de tracking, traçage des personnes positives au virus, a rouvert le débat sur les données personnelles et les libertés. L’utilisation de la data s’avère ici être un outil précieux, une aide. Elle a déjà permis de remonter des chaînes de contamination et de participer au ralentissement de la propagation du virus. En plein déconfinement, elle permet de suivre la saturation des transports en temps réel. Et pourtant, beaucoup continuent de craindre l’utilisation de la data.  Si certains parlent d’un risque zéro qui n’existe pas, ne faut-il pas craindre les dérives plus que l’utilisation des données dans un cadre défini ?  Dans un contexte de sécurité sanitaire, pourquoi l’utilisation de la data crée-t-elle autant de peur tandis qu’elle permet de sauver des vies ?  Où devons-nous chercher l’explication de cette réticence ? Est-ce une peur primaire ? Avons-nous été traumatisés, importunés précédemment par d’autres usages tracking dans notre vie quotidienne ?  

 

La data reste au cœur de nos métiers et de notre vie de tous les jours. Je suis certain que son développement se poursuivra dans les années à venir. Elle est aussi aujourd’hui au cœur des enjeux économiques des entreprises : elle représente un outil pour mieux comprendre les besoins de nos clients et des consommateurs. Accompagnée d’analyses fines et pertinentes, la data devient peu à peu un usage, elle est même appréciée. Car bien utilisée, pour les entreprises, l’analyse de données permet d’augmenter son ROI, d’identifier de nouveaux leviers de croissance. Il faut poursuivre les recherches et les développements pour apporter toujours plus de finesse et de précision aux actions des marketeurs.

Mais surtout, n’oublions pas de faire savoir qu’elle est aussi utile pour les consommateurs car elle permet une meilleure expérience, que ce soit dans la manière dont ils sont sollicités ou dans leur parcours d’achat.  Le bénéfice pour les consommateurs est primordial. Les avantages indéniables sont la personnalisation et l’optimisation de la relation avec les marques. Ainsi, le consommateur perd moins de temps dans ses recherches et peut recevoir des offres sur-mesure qui lui correspondent réellement, des privilèges, mais aussi être informé des nouveautés ou de l’actualité.

 

Et pourtant, force est de constater une certaine peur collective face à l’utilisation des données. Un écart entre ce qu’inspire la suprématie des GAFAM qui attise la crainte des consommateurs et les règlementations européennes qui ne sont pas encore assez connues des particuliers.

 

Répondre aux besoins du consommateur et respecter sa vie privée sont les clés du succès. La data expliquée, utile, ne sera plus alors ressentie comme une menace, elle ne doit plus être assimilée à Big Brother. Et pour cela, les annonceurs devront aussi parfaitement appliquer le RGPD et les règles de la CNIL. Car c’est bien là le vrai sujet de crainte des Français : la restriction de leur liberté et le partage d’informations personnelles sans leur consentement… L’utilisation des données doit être comprise et répondre à un engagement de part et d’autre. Il faut savoir ce que l’on peut faire ou ne pas faire avec la donnée et s’y tenir. La relation avec le consommateur est basée sur la confiance, la fidélité, la réciprocité et la transparence. Ce qu’il recherche est finalement assez simple : de la facilité, une personnalisation des offres, une expérience unique tout en respectant sa vie privée. Pour se rassurer, le consommateur peut, par exemple, se référer au label Privacy Protection Pact permettant de distinguer les entreprises engagées pour la protection des données personnelles. (www.privacyprotection-pact.org/ du SNCD)

 

Gain de temps, ciblage précis, qualité, utilité, réponse aux besoins des consommateurs et à

leur quête de sens n’est plus une option. Ils sont déjà nombreux à être attentifs à l’engagement des marques. La Data Science est une réponse à ces enjeux. Elle est ainsi devenue une nécessité. Encore plus aujourd’hui, pour rester dans le jeu et sortir de la crise. Dans ce contexte, et sur le long terme, les entreprises qui s’en sortiront le mieux sont celles qui s’appuieront sur l’analyse de données, aideront clients et consommateurs en respectant le RGPD, et travailleront selon des valeurs éthiques et responsables.

 

Stéphane BARTHELEMY, Président du Groupe Neptune Media